La dette publique, ou la reconquista des possédants

Publié le par Frédéric Lordon

 

 

mercredi 26 mai 2010, par Frédéric Lordon:

 

Ainsi, il y a un « problème de dette publique ». Mais au fait, d’où vient-il ?... Ça n’est pas le genre de question que les promoteurs du thème aiment spécialement à poser : le fait, ou plutôt l’affirmation d’un supposé fait, leur suffit puisqu’il n’est besoin de rien d’autre à leurs yeux pour justifier d’avoir à faire quelques progrès supplémentaires dans le démantèlement de l’État social. Paradoxalement, la situation présente leur est à la fois la plus favorable et la plus délicate. La plus favorable puisque l’explosion en deux ans des dettes publiques est pour le coup incontestable et semble préparer idéalement les coupes les plus claires. La plus délicate car, par la même occasion, elle rend irrésistible la question des origines. Et la gêne qui ne peut manquer de s’en suivre.

Car si le fait frappant est celui de la divergence des deux dernières années, l’imputation est des plus simples : la crise de finance privée ouverte en 2007 porte l’entière responsabilité de tout ce qui s’est passé depuis – ça n’est évidemment pas le genre de mise en question que les agitateurs de « la dette publique » ont le projet de soulever… Pour le plaisir de l’argument a fortiori, accordons-leur donc l’expérience imaginaire du chronoscaphe et transportons-nous par la pensée en 2006 par exemple. Y a-t-il un « problème » des dettes publiques ? Non. Y a-t-il une croissance des dettes publiques ? Oui.

 

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http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des

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