Retraite devant les marchés

Publié le par Le Gravier

Depuis 2005 et la campagne en faveur du Traité constitutionnel européen, on n’avait pas vu (ni entendu) un tel matraquage. Pas un commentateur qui n’explique que le recul de l’âge de départ à la retraite découle des lois de la nature. Quiconque s’inscrit en faux contre cette mesure — qui doit tout à la politique et peu à la démographie — se voit taxé de ringardise.

En fait, rien ne justifie cette régression sociale, si ce n’est la volonté de rassurer « les marchés » comme on dit maintenant pour éviter de parler des « détenteurs du capital ». Symbolique du contenu même de la réforme : les mesures à peine dévoilées, le ministère de l’économie et des finances a convoqué la presse pour la commenter. Une première.

Non seulement ce plan conduit à une attaque en règle contre le système français de répartition, mais il touche en premier lieu les salariés du bas de l’échelle. Même les travailleurs ayant un emploi pénible sont frappés : il faut être complètement cassé par le travail — et faire la preuve d’une invalidité à 20 % — pour avoir le droit de partir à 60 ans (après 41 ans de salariat) !

Le président Nicolas Sarkozy et le gouvernement pensent pouvoir compter sur cet embrigadement idéologique des médias et sur la division syndicale — Force Ouvrière (FO) continue à faire cavalier seul — pour imposer leur projet. Les progressistes espèrent une mobilisation à la hauteur de l’enjeu. L’ensemble des syndicats — sauf FO — appellent à une démonstration de force le 24 juin prochain.

 

 

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