Les médiacrates serviles...

Publié le par Le Gravier

 un billet de Théophraste R. (Critique télé indépendant et ça se voit).

 

 

Parfois, par lassitude et envie de ricaner amèrement, je regarde le JT de 20 heures sur France 2 (attachement naïf au service public) puisque la première chaîne publique historique est tombée dans l’escarcelle d’un patron richissime (Slogan des manifs : « Tout est à nous, rien n’est à eux, tout ce qu’ils ont ils l’ont volé ». Si l’on y réfléchit, ça va loin).

Le présentateur du JT avait l’air franc comme un âne qui recule et je me demandais à quel moment, après en avoir discuté en se marrant en conférence de rédaction, il allait nous balancer le plus sérieusement du monde un reportage sur la culture du cornichon en Lot-et-Garonne ou sur la naissance d’un bébé panda au zoo de Londres, ou sur le cambriolage d’une boulangerie à Triffouilly-Lez-Engelure (avec interview des voisins qui n’ont rien vu).

Quand ? Avant le sport ou après la météo qui nous annonce, tenez-vous bien, montez le son, faites taire les gosses que, cet hiver, il neige et il neigera (« Soyez prudents si vous prenez la route » ? Quand ? En tout cas, avant des informations (ou à leur place) sur des sujets qui détermineront notre vie de consommateur, salarié, assuré social, parent, locataire de la planète, lecteur de « La princesse de Clèves » …

Le JT est la plus formidable machine à décerveler jamais inventée. Derrière son sourire professionnel, le type qui vous lobotomise est en vérité aussi méchant qu’un chien de ferrailleur. Mais plus malin, il n’aboie pas en lisant son prompteur : il a pris des cours de journalisme à l’école des sirènes.

Et chante, beau merle, sous ta tignasse de cirage noir ! Un beau matin, à l’heure où blanchit la campagne, le patron te tirera à la chevrotine comme un vulgaire PPDA de TF1. Depuis toujours, le maître méprise son valet et, ainsi que le disait Tacite, « Le traître est détesté de celui même qu’il sert ».

 

PS. On me dit qu’un élu du peuple ayant critiqué un journaliste (sic) qui malmenait un syndicaliste jeté à la rue avec ses camarades par une entreprise qui se goinfre, le congrès du parti de l’impertinent a été boycotté par France 2 qui ne l’a même pas mentionné. Pour nous persuader que la télé publique appartient à une maffia et pas au peuple ?

 

source:

 

http://www.legrandsoir.info/

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