Le trou, où est passé le trou ?

Publié le par Le Gravier

Souvenez vous, il y a quelques 30ans, nous n’étions pas encore menacé par le CO2, ni par la grippe aviaire, ni par la grippe porcine, mais par le trou d’O3 (O3 alias l’Ozone). Sur nos écrans il ne se passait pas un jour sans que le trou ne fasse parler de lui. Il grossissait … il grossissait.

Le discours annonçant la disparition prochaine de la couche à ozone se développait. Plusieurs théories dès 1971 avaient envisagé les causes de la destruction de l’ozone, les une mettaient en cause la vapeur d’eau, ou le méthane… gaz naturels, mais ce sont alors les gaz de provenance industrielle les  CFC (utilisés dans les bombes aérosols et appareils de réfrigération) qui furent seuls retenus comme coupables :

En 1986, l'état-major de l'entreprise de chimie Du Pont décide de participer à la campagne anti-CFC. L'interdiction des CFC lui permettait de réaliser d'énormes profits avec le marché des produits de remplacement, beaucoup plus chers et moins efficaces, d'autant qu'à l’époque des pays comme la Chine étaient sur le point d’entrer dans la production  en masse des appareils de réfrigération.

En 1987, le protocole de Montréal faisant des CFC une substance contrôlée est signé. Le protocole sera révisé et aggravé à Londres en 1990, et 59 nations donnèrent leur accord pour une interdiction de la production des CFC en 2000. Mais pour les industriels ce n'était pas assez rapide, et suite à l'annonce tonitruante en 1992 (par Al Gore) d'un "trou d'ozone au-dessus de Kennebunkport", l'arrêt de la production des CFC fût avancé à 1995 !

A l’époque Haroun Tazieff s’indigne : « Les sommes investies dans des batailles gigantesques contre des pollutions imaginaires ne sont plus disponibles pour lutter contre des pollutions réelles ». Il n’est pas écouté ni tous ceux qui comme lui émettaient des doutes sérieux. L'opération "Ozone" est un succès complet: Les CFC  sont interdits de production, tandis que des produits de remplacement, beaucoup plus profitables, sont mis sur le marché. Bizarrement les marchés conclus,  la présence médiatique du trou devient moins importante.

Depuis les 14 années qui se sont écoulées depuis l’interdiction des CFC, comment se trouve donc le  trou aujourd’hui? Eh bien il est toujours là, avec ses variations saisonnières et annuelles. Sa liaison avec le rôle destructeur des CFC qui sont interdit depuis plus de 14 ans apparaît de plus en plus comme une mystification scientifique. Exit donc, le trou dans la couche d’Ozone de la médiatisation scientifique !

Reparler du trou devient d’autan plus délicat  qu’une étude américaine de chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), à Boulder (Colorado), affirme aujourd'hui  que les principaux dangers pour l'ozone au XXIe siècle sont les oxydes d'azote, gaz formés d'azote et d'oxygène, particulièrement divers et répandus, que les activités humaines produisent en quantité colossale. (Science, 27 août 2009). Si la disparition des CFC ne permet pas à la couche d’ozone de se régénérer comme prévu,  c'est donc que d'autres mangeurs d'ozone sont à l'œuvre. Et avec la disparition des CFC, affirment les chercheurs américains, les molécules les plus dangereuses dans les années à venir seront les oxydes d'azote. Ils ont calculé, grâce à leur nouveau modèle, que si rien n'est fait pour réduire les émissions d'oxydes d'azote, (Tiens, comme c’est bizarre, il semble que nous connaissions  la chanson !)  ils auront, en 2050, un pouvoir destructeur 30 % supérieur aux CFC à leur pic d'émission en 1987.

Au fond on nous annonce que le trou n’est pas sur la voie de la disparition. On sait depuis les années 1970 que les oxydes d’azotes sont destructeurs d'ozone mais ils n'avaient jamais vraiment été pris au sérieux. Pourquoi, me direz-vous ?  - Parce qu’en attendant Algore, les fabricants des substituts de CFC ont engrangés des bénéficies colossaux. Eux, au moins, ne sont pas sur le point d’avoir un trou de trésorerie !

Il y a longtemps que les dominants savent que pour gouverner l’esprit des hommes rien de mieux que la peur. Victor Hugo dans notre Dame de Paris a merveilleusement montré que les cathédrales étaient le seul livre d’image du petit peuple au moyen âge. En ce temps on n’avait que la pierre comme mise ne scène à grande échelle des trouilles collectives, orner l’architecture de monstres de diables et autres gargouilles effrayantes permettait de créer la crainte, terreau de la soumission quand la peste reculait.

Gravées dans la pierre, ces figurines de peur ont traversé le temps, mais elles ont aussi beaucoup perdu de leur efficacité. Avec le temps tout s’en va, et le petit peuple a petit à petit construit ses anticorps contre la peur des pierres. Il fallait trouver des moyens de substitution.

L’Eglise scélérate finit de se décomposer, d’autres dominants ont pris sa suite et leur imagination est sans limite. Aujourd’hui ils nous ont inventé les caméras de vidéo surveillance qui remplacent sur nos édifices publics la vigilance terrifiante des gargouilles autrefois investie d’un pouvoir protecteur et « sanctionneur ». Pour remplacer «  les mystères » qui sur le parvis de cathédrales venaient distraire le petit peuple de ses ennuis quotidien, ils nous ont inventé  « le temps des peurs en  Zapping ». On nous en offre presque une par jour, des petites et de grandes. Au rayon des petites : l’insécurité quotidienne, la délinquance …   et pour les grandes: le terrorisme, les maladies, et  bien entendu l’écologie…

C’est malheureux car, si pour moi la cause écologique est utile et juste, en revanche, parce que je pense souvent à la fable d’Esope racontant l’histoire de ce berger qui criait « ô loup », Je ne peux admettre que le mensonge et la peur soient les armes fourbies pour cette indispensable bataille.  Je pense même que ce sont des armes dangereuses, et source de grandes difficultés à venir, pour la cause écologique elle-même.

L’utilisation systématique du « principe de précaution » pour justifier les dépenses de campagne alarmistes, pour justifier des taxes,  pour nous inciter à changer de matériel, ou  pour nous faire vacciner, commencent  à agacer le citoyen payeur, d’autant qu’il voit bien que les surcoûts imposés aux maigres bourses des plus nombreux font toujours  enfler le portefeuille d’action  de quelques uns. La cause écologique, à terme,  sortira complètement discréditée de ces campagnes.

Aujourd’hui la lutte contre le CO2 remplace celle contre le CFC sensée en son temps sauver la couche d’ozone,  mais dans 10ans quel sera notre nouvel ennemi taxable ? Les oxydes d’azotes ?

Notre consommation d’énergie fossile est insensée, qu’il soit nécessaire de la diminuer tombe sous le sens dès qu’on envisage les limites des réserves. Seulement quand on envisage le problème sous cet angle, tout change ! La question ne couvre plus le domaine de la consommation mais celui de la gestion des richesses. L’énergie sous toutes ses formes est un bien commun, la livrer à des intérêts privés est une anomalie de premier ordre. La nécessité d’une gestion commune de ce bien commun ne pourra être différée sous peine de conflits majeurs. Mais c’est là une toute autre logique que celle qui est mise en place avec la peur du réchauffement dû au CO2 et son marché Carbone qui transforme  la taxation du CO2 en gigantesque marché mondial d’indulgence en faveur des pays industrialisés.

Pour conclure une pensée du Climatologue Français Marcel Roux :  « Au lieu de tirer des plans sur la comète 2100, la climatologie, dans une impasse conceptuelle depuis une cinquantaine d’années, devrait plutôt chercher à contribuer efficacement à déterminer les mesures idoines de prévention et d’adaptation au climat du futur proche, climat dont l’évolution ne dépend en aucune façon du CO2. Car le changement climatique – c’est le propre du climat que d’évoluer constamment – est bien réel, et comme le prouve la hausse continue de la pression atmosphérique (sur la trajectoire des anticyclones mobiles) ce changement n’est pas celui qui est prédit par le GIEC. Ce sont les raisons et les mécanismes de ce changement permanent qu’il convient de définir sérieusement. Dans le même temps les autres disciplines, desservies par le mélange des genres et qui n’ont pas besoin de l’illusoire épouvantail climatique, pourront elles-mêmes se consacrer efficacement à lutter contre la pollution, ou à favoriser le développement durable. »

Pour ceux qui veulent en savoir plus voici le lien vers une des derniers entretiens que Marcel Roux  accorda

Pour voir la vidéo un petit clic sur la photo

Publié dans Documentation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article