La Chronique Mensuelle de Michel Onfray

Publié le par Michel Onfray

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OBAMA N’ASSURE PAS

Barak Obama est politiquement correct et planétairement iconique, une bénédiction pour les journalistes. Mais à l’heure d’un demi-bilan, que doit-on penser des résultats concrets obtenus par cet homme qui devait révolutionner les États-Unis et, dans le même temps, infléchir le cours de l’histoire du monde ?

Ce président des États-Unis métis (que le politiquement correct a jadis transformé en premier chef de l'État américain « noir »…) est un excellent communicant auquel Sarkozy n’arrive pas à la cheville – c’est une métaphore. Voilà un homme élégant, séduisant, charmant, qui semble tout droit sorti d’un film à gros budget comme on en produit outre-Atlantique. Il parle de paix et, bien qu’il n’ait encore rien fait en la matière, sinon des annonces médiatiques, on lui offre le Prix Nobel dans le moment même où il augmente l’envoi des troupes américaines pour assurer une présence yankee sur ce terrain où l’on ne me fera pas croire qu’il s’agit de lutter contre le terrorisme international ou d’installer la démocratie. S’il existe une base au terrorisme international, il faut bien plutôt aller voir dans des pays moins fragiles, moins faibles et moins faciles à mater parce qu’ils disposent soit de l’arme nucléaire soit des puits de pétrole. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire – comme chacun sait.

Cet ami des droits de l’homme avait promis de fermer Guantanamo, une zone de non-droit dans laquelle se trouvent parqués comme des animaux des individus suspects de terrorisme et de mise en danger de l'État Américain. Est-ce si difficile de fermer une prison, un bagne, que rien n’ait été fait depuis son arrivée au pouvoir et que le statu quo persiste ?

Cet homme puissant a parlé de paix dans le conflit israélo-palestinien. Mais l’actuelle arrogante politique de colonisation israélienne n’est jamais qu’un bras de fer des autorités israéliennes pour mesurer l’étendue de l’écart entre l’effet de manche oraculaire et sa détermination sur le terrain. L’évidence de cet abîme montre un président des États-Unis qui ne fait pas ce qu’il pourrait faire réellement car, bien décidé, il lui suffirait de ne plus soutenir cette politique belliqueuse pour qu’elle n’existe plus.

Ce patron des USA passe enfin, (étouffé dans le brouhaha des résultats aux élections régionales françaises…), pour l’homme qui aura réussi à imposer sa loi aux conservateurs, républicains, et autres gens de droite extrême, en créant un genre de sécurité sociale pour les Américains. Beau discours, écrit par Victor Hugo ou Émile Zola, relayé par toutes les chaînes du monde – et l’on croit les mots du président.

 

Mais dans les faits ? Dans les faits, Obama oblige les citoyens américains à souscrire une assurance auprès d’un organisme privé. Cette contrainte aura pour effet d’enrichir les cabinets privés d’assurance, d’affaiblir les familles qui devront payer cher ce contrat obligatoire pour n’être couverts qu’à 70% de leurs dépenses de santé. De sorte que, lourdement malades avec des soins extrêmement coûteux – cancers, chirurgie, longues maladies -, les assurés auront d’une part engraissé les assurances, d’autre part, ils devront payer de leur poche 30% des frais engagés : ces factures les ruineront… La réforme de santé d’Obama est un cadeau offert aux cabinets d’assurances privées – et non aux individus privés d’assurance.

 

Michel Onfray

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