Jean Jouzel en panne d’arguments contre « Le Mythe climatique »

Publié le par Le Gravier

binoit rittaudPar  Benoît Rittaud


Merci aux lecteurs qui m’ont signalé cette interview de Jean Jouzel consacrée à mon livre sur l’un des blogs du Figaro. Après m’avoir fait l’honneur de débattre avec moi pour Le Nouvel Observateur, le vice-président du GIEC me fait celui d’un commentaire sur mon ouvrage.

Bien sûr, ce commentaire n’est pas favorable. Je le prends pourtant comme une marque de reconnaissance de la valeur de mon travail, parce que les critiques formulées par Jean Jouzel sont d’une faiblesse dont je n’aurais pas osé rêver. Où sont donc les explications impitoyables qui montreraient que tel ou tel passage serait faux ? Quelles sont les coupables erreurs qu’un contradicteur de la trempe de Jean Jouzel ne devrait pas manquer de relever pour balayer mon discours ? Nulle part. Les points les plus précis consistent à me reprocher d’avoir dit des choses que je ne dis pas (un reproche qui s’adresse aussi aux journalistes : non, le chapitre sur la crosse de hockey n’est pas « long », il est même l’un des plus courts des six que compte le livre ; non, je ne dénie pas toute signification à la notion de température globale : relisez la page 93 ; etc.).

Pour tout dire, il faut vraiment que je me pince pour croire que c’est Jean Jouzel qui a accordé cette interview. Si cela n’avait pas été le cas, je ne l’aurais sans doute pas commentée, ne serait-ce que pour ne pas donner l’impression d’abuser de la faiblesse d’un contradicteur. Mais bon : à tout seigneur tout honneur. Monsieur le vice-président du GIEC, voici donc ma réponse à vos critiques.

Tout d’abord, votre pique sur mes « considérations pseudo-philosophiques » est doublement décevante. D’une part pour le « pseudo », que vous ne justifiez nulle part et qui n’est que du dénigrement gratuit. C’est là un procédé qui ne vous ressemble guère. D’autre part, surtout, parce que vous confondez la philosophie avec l’épistémologie, ce qui me confirme ce que j’avais observé lors de notre débat pour Le Nouvel Observateur (dans une séquence qui n’a pas été publiée) : vous semblez n’avoir de l’épistémologie qu’une notion des plus floues. Les passages de votre interview où vous expliquez « ne pas voir où [je] veux en venir » sonnent davantage comme un aveu que comme un reproche. Au vu de votre faiblesse manifeste sur ce terrain de l’épistémologie, il n’est guère étonnant que vous n’ayez pas compris le sens de ce que j’appelle la climatomancie – au point de confondre ce terme avec celui de climatologie, même si la définition en diffère autant que l’astrologie diffère de l’astronomie.


De même, vous ne « voyez pas l’intérêt » de parler du pari de Pascal. C’est pourtant simple : il s’agit de répondre à un argument des carbocentristes qui est repris ad nauseam (voyez, entre mille exemples, un extrait d’une interview récente de Jean-Louis Borloo, sur la vidéo qui se trouve ici), et d’introduire une critique des « neuf chances sur dix », que vous répétez d’ailleurs pour la énième fois dans votre interview. Notez à ce propos que je ne fais absolument pas la confusion que vous semblez me prêter (« 90% du réchauffement récent est lié aux activités humaines »), je trouve donc assez discourtois de le laisser entendre. Discourtois mais flatteur, car si la seule manière que vous avez de critiquer mon livre consiste à mentionner des erreurs qui ne s’y trouvent pas, c’est décidément que vous êtes bien à la peine.


Je passe rapidement sur ce que vous dites sur la crosse de hockey, qui constitue indirectement un satisfecit intégral, puisque vous ne formulez pas la moindre critique sur le contenu de ce chapitre de mon ouvrage (en-dehors de la lecture singulièrement tronquée que vous faites du rapport de l’Académie des sciences américaine sur la question). Vous tentez bien de laisser croire que je considère que tout le carbocentrisme repose sur la crosse de hockey, mais je suppose que les lecteurs seront assez grands pour réaliser tous seuls que si cette critique était fondée, je ne me serais pas donné la peine d’écrire les autres chapitres.

À propos de la « pause » dans le réchauffement, vous « rappele[z] que ces six dernières années sont les plus chaudes depuis plus de cent ans » : je ne peux à ce sujet que vous remercier à nouveau de m’avoir permis de résoudre mon complexe de taille. Et lorsque vous écrivez carrément que « [s]i dans dix ou quinze ans, la température n’avait pas changé, il faudrait bien sûr se poser des questions », j’hésite presque à répondre tellement l’argument est risible : ainsi donc, vous ne daignerez en tout état de cause vous poser des questions que dans dix ou quinze ans ? Ce doit être confortable, de vivre dans un bain de certitudes… Quant à la phrase qui suit, « Ce qui est navrant, c’est que l’on risque avec le discours des sceptiques de ne prendre des mesures que lorsque l’attribution du réchauffement aux activités humaines sera une certitude acceptée de tous », elle a un je ne sais quoi de pari pascalien qui me pousse à vous inciter à relire mon chapitre 4, mais aussi le passage du chapitre 5 où je commente ce type de raisonnement qui subordonne la réflexion à l’action (voyez page 158).

Le scoop de votre interview est sans doute cette phrase (dont j’aimerais assez que vous rectifiiez le point d’interrogation final par le signe de ponctuation que vous souhaitiez mettre) : « on n’a jamais dit que le CO2 était à l’origine du réchauffement? ». C’est là le clou du spectacle. Après cela, on peut tirer l’échelle.

Merci donc, monsieur Jouzel, pour cette interview qui me conforte dans mes vues. Et merci aussi, mais cette fois sans ironie, de me reconnaître comme l’un de vos adversaires.

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