Grippe A et vaccination : nous vivons une époque formidable !

Publié le par Le Gravier


A l’époque de la conquête de l’Ouest, aux États-Unis, on voyait des bonimenteurs juchés sur leur carriole vanter les mérites de telles ou telles potions « magiques », supposées capables de soigner la « bobologie courante ». Vendues en fioles, pour quelques cents, elles ne manquaient pas de faire des heureux. A l’époque les « autorisations de mise sur le marché , ou AMM » n’existaient pas. Tout était permis.

 

 

 

Mais, fort heureusement, nous ne sommes plus à cette époque. Le marché de la pharmacie est une affaire sérieuse. Madame Bachelot en sait quelque chose.

 

Démonstration :

 

 

 

En 1998, un virus H1N1 porcin se recombine avec des souches aviaires et humaines. Quelques cas humains d'infection par ce nouveau virus complexe sont décrits aux États-Unis ces dernières années et les premiers signes d’une épidémie sont relevés à la fin du mois de mars au Mexique. Craignant qu'une nouvelle souche de la grippe porcine ne donne naissance à une pandémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est mise en état d'alerte. L'OMS a  alors « activé son centre d'opérations » pour récolter toutes les informations et centraliser l'action de l'organisation dans les situations d'urgence. Cette mobilisation a porté ses fruits. Ainsi, en avril dernier, quand les scientifiques du centre de contrôle des maladies (CDC) ont disséqué le génome du nouveau H1N1, ils ont retrouvé six gènes de l'agent isolé en1998, associés à deux gènes provenant de virus infectant des porcs européens… Et le Pr Anthony Fauci, des NIH (Instituts nationaux de la santé américains), de souligner, en juillet 2009 dans le New England Journal of Medicine, que le H1N1 de la pandémie de 2009 était un descendant de quatrième génération du virus de la grippe espagnole de 1918.

 

 

 

Dés lors, on admettra  que la réaction de nos gouvernants, inquiets et soucieux de protéger les populations, était parfaitement légitime : ils ont souhaité, dès avril 2009, pouvoir disposer de vaccins adaptés à ce virus émergent, et ce le plus rapidement possible. La France, pour sa part, a négocié la commande ferme de 94 millions de doses de vaccins contre la nouvelle grippe A (H1N1) pour un montant d'un milliard d'euros auprès de trois laboratoires, ainsi que l’a annoncé le mercredi 15 juillet la ministre de la santé, Mme Roselyne Bachelot, au cours d'une conférence de presse. Les trois laboratoires choisis sont Sanofi, GlaxoSmithKline et Novartis.

 

 

 

Question : Comment un état comme la France pouvait-il se permettre de « commander» un produit pharmaceutique (un vaccin en l’occurrence) destiné à combattre un virus émergent, alors même que ce produit n'était pas supposé disposer d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) avant avril 2009 (autrement dit, avant l’annonce « officielle » de la pandémie en 2009), et donc incomplétement testé ?

 

 

 

Réponse : parce que ce vaccin était déjà fabriqué depuis... mai 2008 !!!  ! Et donc, bien évidemment ce vaccin disposait déjà de son autorisation de mise sur le marché.

 

Nous vivons une époque formidable. Les laboratoires pharmaceutiques modernes sont des devins. Ils fabriquent les médicaments avant même l’émergence de la maladie. Étonnant, non ? Vous étiez au courant ?...

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