Fonte des Glaces: Science et Idéologie

Publié le par Le Gravier

On dit aujourd’hui que l’écologie est « transversale », expression étrange pour ne pas employer  « ni de gauche, ni de droite », largement éventée depuis tout le monde sait qu’elle signifie : de droite. Il en est ainsi de l’histoire, de la « valeur » travail, de l’insécurité, de la terre, de l’identité nationale…

 

A droite, justement, on préfère agiter l’opinion avec ces sujets qui font chorus pour mieux la distraire de ceux qui fâchent. Ainsi les discours et opérations médiatiques sur l’écologie se multiplient comme par génération spontanée : Sarkosy, depuis qu’il « se cultive », veut faire croire que Home est devenu son film de chevet. Juppé vient d’écrire un livre courageux et fondateur dans lequel il jure devant dieu qu’il ne mangera plus de cerises (sur le gâteau) en hiver… Saluons cette démarche révolutionnaire !  Il y a eu le Grenelle de l’environnement dont il a fallu chercher l’appellation dans l’histoire pour donner du poids à son insignifiance Il y a eu enfin le film transversal de Monsieur Hulot ( !)  qui renchérit sur Juppé en fermant son robinet lorsqu’il se lave les dents. Le confusionnisme de droite permet d’agir sans la participation des citoyens qu’il préfère traiter en spectateurs et en consommateurs.  

 

L’écologie est une science, par définition apolitique, mais il y a à droite et à gauche des manières très différentes d’utiliser cette sciences, soit pour s’en servir, soit pour servir le bien commun.

 

A gauche, peu de bruit, manque de clarté, de rigueur, de vigilance. Sous peine de mort, la cause écologique de la gauche doit faire appel à l’intervention de citoyens éclairés et conscients pour se développer et vaincre. Or il est navrant de voir qu’au PS, par exemple, l’écologie devient plus une posture politique que le lieu d’une rigoureuse bataille idéologique de grande importance.

 

Preuve en est l’acceptation non critique des thèses sur le réchauffement climatique lié au CO2 :

 

         - Le CO2,  gaz à effet de serre, est le principal responsable du réchauffement de la planète.

- Les signes de réchauffement sont alarmants : fonte de la banquise  mais surtout fonte des glaciers.

- la catastrophe est annoncée : élévation du niveau des mers, cataclysmes météorologiques,

Elle est annoncée, mais on ajoute aussitôt : la catastrophe,  c’est si on ne fait rien !...Et que faut il faire ? Accepter de payer une taxe pour pouvoir modifier notre comportement. Car bien sûr nos comportements sont liés aux taxes que nous payons

- Enfin,  argument imparable, tout cela est universellement admis. Impossible de le contester. You must think like that!     (Vous devez penser ainsi!) Sinon  vous  n’êtes  pas écologiquement correct.

 

Allez savoir pourquoi,  mais quand je sens ce genre d’injonction, je ne peux m’empêcher de désobéir et donc d’essayer de comprendre. Paul Valéry pourrait redire : "Ce qui est dit partout, par tous et toujours… a toutes les chances d’être faux ! "

 

Donc tout le monde est acquis au réchauffement climatique dû au CO2. Eh bien ce n’est pas aussi évident que ce qu’on nous fait injonction de croire. Si on cherche à se documenter ailleurs que dans les  discours  réchauffementistes, on trouve des voix discordantes, tout aussi scientifiques. Par exemple  Robert  Vivian  (universitaire  Français « Glaciologue » de renon) écrit ceci :

 

 La " mondialisation " en matière de climat est un leurre. Elle n'existe pas.

Les évolutions des climats de notre planète ne se font, ni de manière concomitante, ni de façon homogène. On le redécouvre aujourd'hui avec le concept de NAO (Oscillation nord atlantique des valeurs de la pression atmosphérique) qui analyse les comportements climatiques souvent contradictoires du Nord et du Sud de l'Europe ; comme existent des oppositions entre Amérique du Nord et Europe, entre le domaine antarctique et le reste du monde.

En octobre 2005, les équipes nationales de ski se plaignaient de ne pas pouvoir faire d'entraînements : il y avait trop de neige dans les Alpes Orientales… et pas assez dans la vallée de Tarentaise (P. Jolly, Le Monde). En 2005-2006, pendant que l'Europe subit une vague de froid sans précédent, l'Australie enregistre des records de chaleur générateurs d'incendies monstres, etc.

On comprendra qu'il est complètement erroné de vouloir étudier les variations des glaciers de montagne des régions tempérées au vu des seules courbes de température et des seules évolutions de l'environnement chimique des régions polaires. Qu'on se le dise !

 

Encore plus troublant Robert Vivian  ajoute :

 

Par ailleurs, il faut bien avoir en mémoire que si un réchauffement peut provoquer aux latitudes moyennes une fusion accélérée des glaciers (canicules1976 et 2003 !), au contraire, dans les zones froides à températures négatives, il signifie, le plus souvent, une augmentation des précipitations neigeuses donc à terme, une crue glaciaire.  (Robert Vivian)

 

Donc si on comprend bien,  si réchauffement il y a, cela augmente la présence d’eau dans l’atmosphère et donc,  dans les zones froides  - les pôles – cela augmente les précipitations neigeuses et donc la crue des glaciers. Etonnant non ?

Autres remarques montrant que sur le terrain, les choses ne sont pas si simples que cela :

 

- phénomène souvent méconnu : dans les pays de mousson (Himalaya),l'accumulation en neige des glaciers se fait en été plus qu'en hiver, au contraire des autres régions du monde où l'hiver est la saison d'alimentation et l'été la saison d'ablation.

- Et avec tout cela, on voudrait que les glaciers obéissent au doigt et à l'œil aux fluctuations climatiques!  (Robert Vivian)

 

Enfin dernière citation de Robert Vivian :

 

         L'excellent photographe et topographe que fut le glaciologue Joseph Vallot (1854- 1925), spécialiste du Mont-blanc, a laissé une multitude de clichés noir et blanc, des relevés topographiques et des cartes qui aident à l'identification des fluctuations glaciaires passées

 
Regardez cette photographie du glacier des Bossons prise par Vallot en 1920 et documentée par lui. Elle est intéressante parce qu'elle résume les fluctuations du glacier sur quatre siècles.

Vallot y a reporté les positions successives du front glaciaire en 1620, 1740, 1818, 1855, 1876 et 1920. À titre indicatif, la position du glacier en 1997 (lors de son plus grand recul) était proche de celle de 1740 et 1876. Dans le passé, à chaque recul le glacier a retrouvé de l'énergie pour retrouver son lustre d'antan. Qui peut imaginer que le recul des années 90, sur le même glacier des Bossons, soit l'indication d'un déclin inexorable ?

 

La lecture attentive de ces documents montre plusieurs choses :

R.Vivian ne remet pas en cause un réchauffement climatique dû  à l’activité hyper productive de l’homme Il conteste le terrorisme idéologique qui existe concernant le rôle attribué au CO2. Outre les arguments que j’ai retranscris ici, si vous prenez le temps de lire les textes que j’ai mis en lien vous découvrirez qu’il n’existe pas de lien certain entre le taux de concentration en CO2 et l’avancée ou le recul des glaciers, il donne de nombreux exemples contestant ce lien, notamment un exemple  cocasse : l’augmentation de la hauteur du Mont-blanc  due à l’augmentation de l’épaisseur de sa calotte glacière ?

Mais me direz vous  Vivian est mort en 2007 depuis la science a fait des découvertes. (Hum…)

 

C’est possible…Mais alors, on devrait nous apporter ces nouvelles preuves. Or il est pour le moins troublant de constater  que suivant le principe : You must think like that!  ce ne sont pas des preuves qu’on nous sert, mais des mensonges sur les mêmes comptines. Un exemple récent :

 

Le 19 et 20 septembre 2009 le journal Libération nous propose une page de couverture affublée d'un grand titre " Réchauffement Climat d'Urgence" suivi d'un article de  3 pages subtilement intitulé "Ainsi fond, fond, fond..." dont les textes alarmistes proclament que "L'arctique fond plus vite que prévu", que "Le changement climatique s'opère plus vite que prévu" etc.

Nous avons l'habitude... N'est-ce pas ? Mais est-ce bien vrai ?

Le site « pensée unique »  décerne son bonnet d’âne à cet article :

 

Manque de chance pour l'auteur, les indicateurs officiels du climat nous disent exactement le contraire : depuis deux années consécutives, la surface glacée de la mer arctique a augmenté de près de 25%. L'antarctique, lui, non seulement ne fond pas mais se trouve bien au dessus de la moyenne. Cette année, il est encore très proche du record d'extension historique et a augmenté depuis l'année dernière.

Ce sont de bonnes nouvelles mais visiblement, le journaliste n'a que faire des courbes et des mesures. Le bonnet d'âne du mois de Septembre, fourré en poil d'ours blanc (dont la population se porte très bien, merci) lui revient donc de droit.

Comme à l'habitude, nous comparons cette affirmation ultra alarmiste aux observations officielles, ici donnée par les satellites… 

 

Vous pouvez vous reporter à l’intégralité de l’article sur le site  « pensée unique » mais voici quelques éléments de réflexion qu’on y trouve:

 

En cette mi-septembre qui marque le minimum de l'englacement de la mer Arctique, nous étions nombreux à nous étonner du relatif silence des médias alarmistes de la presse mondiale quant à la fonte des glaces polaires (le "canari dans la mine" du réchauffement climatique, disent-ils) et il vrai que la discrétion serait de mise…

Pourquoi ? Tout simplement parce que la mer arctique n'a pas fait ce que beaucoup attendaient d'elle : De fait, elle s'est renforcée par rapport à l'année précédente qui elle-même, marquait déjà une fonte moindre que celle qui la précédait.. au grand dam des tenants des modèles du GIEC et des alarmistes de toute obédience, bien sûr. 

 

 

 

 L'année 2009 est en rouge, 2007 est en bleu clair et 2008 en vert. A noter, qu'au jour d'aujourd'hui, la courbe rouge a rejoint la courbe jaune de l'année 2005.

Comme on le voit du premier coup d'oeil, l'englacement de cette année, pendant la période où il est le plus faible (d'où la promenade en arctique de Ban Ki Moon, organisée tout récemment), est bien supérieur à ce qu'il était l'année dernière et, à fortiori, à ce qu'il était en 2007 qui semble avoir marqué un minimum historique. De fait, l'englacement de 2009 a rejoint ces jours-ci celui de l'année 2005.

Le gain en glace de la mer arctique est très loin d'être négligeable puisqu'il s'agit d'environ un million de km2, c'est à dire d'une augmentation d'un quart (24% exactement) de la surface par rapport à 2007. C'est plutôt voyant... et relativise les deux belles photos satellites issues de ce site, affichées par le journaliste de Libération qui a pris bien soin de comparer 2009 avec l'année (froide) 1980 qui achevait une époque où on craignait le retour d'un petit âge glaciaire sur notre belle planète. »

 

 

 

A l'instar de Libé, nous utilisons la base de données des images satellites. Mais nous donnons les images qui montrent l'évolution récente de la glace arctique. Elles sont beaucoup mieux adaptées pour juger de la (non)pertinence d'un' "état d'urgence", proclamé par Libération :

On voit immédiatement que la banquise a effectivement beaucoup augmenté depuis 2007, comme elle l'avait déjà fait en 2008. Le code des couleurs indique également que la compacité de la glace est aussi bien supérieure en 2009 à ce qu'elle était en 2007. Autrement dit, il y a beaucoup plus de glace au pôle Nord cette année qu'il y a deux ans et aussi que l'année dernière.

Dans ces conditions, et sachant que les modèles du GIEC ont tous prévu une fonte accélérée et continue des glaces de la mer arctique, un observateur honnête et attentif dirait plutôt que " La banquise fond moins vite que prévu. Et de fait, elle se reconstitue." C'est à dire très exactement le contraire de ce que nous affirme le journaliste de Libération qui n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai dans ce domaine (voir le bonnet d'âne de Nov. 2008 sur le Kilimandjaro et cette lettre co-signée par ce journaliste).

S'agissant de glaces polaires et de banquises, un journaliste scientifique se serait également fait un devoir d'informer ses lecteurs sur l'état de l'autre pôle, le Pôle Sud, c'est-à-dire l'Antarctique. 

 

Il ne l'a pas fait. « La pensée unique » le fait pour lui :



 

Ce graphe officiel du NSIDC, mis à jour, montre l'augmentation de la surface glacée antarctique au cours de cet hiver austral. On voit que le maximum d'englacement est atteint vers la mi-septembre où nous nous trouvons en ce moment.

L'échelle verticale est toujours en millions de km2.

L'année 2009 est relative à la courbe bleue dont on voit immédiatement qu'elle se trouve bien au dessus de la moyenne 1979-2000 (courbe en noir) prise comme référence et aussi au dessus de celle de l'année dernière (courbe en pointillé).

Conclusion évidente : comme pour l'Arctique, la couverture de glace antarctique s'est étendue. Elle ne fond pas plus vite que prévu : Bien au contraire, elle s'étend.

 

Alors que conclure ?

 

Franchement  je ne sais pas où se trouve la vérité scientifique, Il serait mal venu que je donne mon avis sur la question n’étant pas moi-même spécialiste. Je sais que d’autres  scientifiques sont  sincèrement inquiets. En revanche je doute. Je doute que le nécessaire soit fait pour m’instruire objectivement. Les tenants  du discours dominant ne parlent pas à ma raison mais ils s’adressent à mes émotions.

 

Ils veulent me faire peur. On me montre des blocs de glace énormes se détachant  des glaciers pour  me démontrer que le climat se réchauffe. Mais on omet de dire que ce phénomène est normal, et qu’il se produit depuis des millions d’années. Les glaciologues  appellent ce phénomène le » vêlement » du glacier.  Le Titanic s’est fracassé sur un de ces blocs…Le Titanic victime du réchauffement climatique ?  Ici la preuve attendue c’est de nous démontrer de manière évidente qu’il y a un lien entre le taux de CO2 et la fonte des glaces. Mais voilà ! Ce lien est-il si évident ? En revanche  ces images illustrent bien la devise : « You must think like that! »

 

Pour ceux qui ne sont pas émus par des blocs de glace à la dérive sur les Océans, on a en magasin des images plus fortes, plus émouvantes : l’ours blanc. Souvenez-vous de Fabrice Lucchini «  vos enfants aiment les ours ! » C’était à pleurer d’émotion.  Rien de mieux pour émouvoir que de montrer un ours blanc se débattant sur  un bloc de glace quand la banquise se rompt. Bien sûr on oubliera de dire que de tout temps des ours blancs se sont ainsi faits piégés au moment du réchauffement  estival. Les ours blancs sont certainement en voie de disparition à cause des activités humaines mais ce n’est pas parce qu’on montre un ours piégé sur un îlot de glace que la preuve est faite d’une disparition des ours blancs due au  réchauffement.

 

Les Ours blancs victimes du réchauffement ?… “You must think like that!”

(Pour ceux qui trouvent un peu lourde ma répétition de la formule « You must think like that! » Je souligne au passage, que c’est le seul moyen que mon imagination limitée a trouvé pour rappeler dans chaque cas l’origine Anglo-Saxonne du discours alarmiste.)

        

Cher lecteur qui avez eu la patience de me suivre jusqu’ici, ne vous méprenez pas ! Je ne cherche pas à prouver qu’il n’y a pas de réchauffement. Sur cette question je constate simplement qu’il y a un discours truqué.

 

Ce que je cherche à montrer, c’est qu’à la question : a-t-on besoin de la théorie du réchauffement climatique pour être un défenseur sans faille de la cause Ecologique ? La réponse est : non !

 

Les raisons qui rendent la cause écologique incontournable sont si nombreuses, et si urgentes  qu’il n’est nul besoin de s’appuyer sur des hypothèses qui contrairement aux dires officiels peuvent être discuté!

 

 Le productivisme basé sur la recherche d’un taux de profit maximum est cause de tant de destructions sur notre  commune planète qu’il est impossible de ne pas se demander : pourquoi cette focalisation  unique sur la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ?

Je vais ici essayer de trouver quelques  quelques éléments de réponse à cette question...d'autres articles sont pour cela en préparation...


Pourquoi ai-je le sentiment qu’on nous mène en Iceberg ?!



Sources:

Site de Robert Vivian

http://virtedit.free.fr/article1.html

 

Site Pensée unique

http://www.pensee-unique.fr

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