Faire durer le développement ?

Publié le par Le Gravier

 

Grâce à un développement technologique fabuleux, notre monde est malade de l’extraction  excessive de toutes ses ressources. (Minéraux, végétaux, énergies fossiles, réserves animales maritimes et terrestres…) Ressources que nous savons limités et dont la pénurie s’annonce avec menace de conflits majeurs sous technologie meurtrière comme jamais. 

Ces extractions déraisonnables sont productrices de quantités colossales de déchets  de toutes sortes dont la plus grande partie est nuisible, toxique et dangereusement durable. Elles sont aussi productrices de déséquilibres et d’inégalités entre les peuples. Cette situation nous oblige à envisager des mesures de réduction des extractions, et de répartition équitable de celles-ci. Un véritable changement de logique économique.

Les responsables mondiaux de la santé économique ainsi que de notre bien être sont au chevet de notre monde dont les  analyses médicales sont très mauvaises. Certains médecins affirment avoir  découvert dans l’haleine du malade un marqueur de la maladie : le taux de CO2. Pour eux les émissions de CO2 du malade sont hors du segment compris entre minima et maxima tolérables, elles croissent dangereusement, provoquant des augmentations de température alarmantes. (Tout le monde sait qu’au dessus de 40 le malade est très mal : ce seuil  dépassé  la mort est proche).

D’autres médecins, d’abord réduits au silence, ou mieux accusé de négationnisme, mais leur nombre est en augmentation,  nous disent que le CO2 n’est en rien responsable de la température élevée du malade.

Oubliant qu’un marqueur n’est pas la cause de la maladie, mais sa conséquence, nos responsables de la santé économique ainsi que de notre bien être, ne pouvant envisager les vrais remèdes : réduction des extractions et nouvelle répartition des ressources communes, ont tranché : le CO2 est la cause de la température du malade. Préférant envisager la question sous l’angle de la réduction du marqueur ils ont lancé le mot d’ordre global : réduisons autant que possible les émissions de CO2 pour éviter l’augmentation de température avant la mort du malade.

Il n’est pas surprenant que les décideurs favorisent cette thérapie illusoire, car celle-ci permet de faire durer le développement. Ils espèrent qu’en consacrant d’énormes investissements de ressources pour de nouvelles technologies (alors qu’il faudrait économiser) ils pourront continuer de croître et d’engranger de nouveaux bénéfices. Comme s’il était raisonnable de  soigner par encore plus de technologie les maux engendrés par la technologie elle-même.

Nos décideurs, ceux qui aiment brasser des milliards sur le dos des peuples, surtout quand ils sont pauvres, sont prêts à nous lancer dans de faramineux investissements dont le but est bien plus de sauvegarder notre mode de vie (et leurs bénéfices) que notre environnement. De toute façon au diable l’avarice, les coûts en seront au bout du compte reporté sur le bas peuple et les pays les plus pauvres. Ils proposent de tenter de maîtriser les répercutions des activités humaines plutôt qu’à les remettre en question. Bien commode le CO2 pour cela.

Ils agissent comme les membres d’un conseil d’administration d’un club d’alcooliques qui ayant un taux alarmant de  A1 (Apo-A1) (un bon marqueur de fibrose hépatique et de cirrhose chez les malades alcooliques) décident  de faire baisser leur taux de A1 (Apo-A1) à coup de médicament les plus chers, d’opérations chirurgicales les plus sophistiquées et de foie artificiel pour pouvoir continuer à boire.

On ne résoudra pas les problèmes de notre monde en évitant de soigner la racine du mal.

Je ne sais pas si le CO2 est responsable  du réchauffement climatique, les scientifiques,  contrairement à ce qui nous est dit ne sont pas tous convaincu de sa responsabilité. La science tranchera.

Mais je vois bien pourquoi l’une des deux thèses a les faveurs politiques (et non scientifiques) de certains qui devaient aller chercher la croissance avec les dents, et qui vont nous faire à Copenhague un cinéma médiatique à coup de surenchère pour la réduction (incontrôlables) du CO2 .

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