Versailles

Publié le par Le Gravier

Jean-Luc Mélenchon:
"Je ne suis pas allé à Versailles. Je ne dis pas que ce boycott m’enchante. Un reste de purisme doctrinal me fait penser qu’une institution dont on a accepté d’être membre doit être prise comme elle est. Sinon, si seul comptait ce que l’on en pense nous n’irions nulle part, nous, les partisans d’une sixième République. Je n’aurais pas siégé au Sénat, dont l’existence même m’est toujours parue discutable, je n’occuperai jamais dans mon siège au Parlement européen cette babel des bla bla impuissants, et ainsi de suite. Mon idée est que là où l’on va il faut tenir la tranché. Vision de poilu de la politique, en quelque sorte. Mais là ? Non. Là il fallait marquer le coup. Le boycott. C’est la seule façon d’exprimer personnellement et solennellement une opposition trop effacée du paysage par sa cacophonie ordinaire. Je veux rappeler combien nous étions opposés à la réforme constitutionnelle qui a permis notamment cette pantalonnade versaillaise. L’opposition avait sombré dans le ridicule des petits reniements qui permirent à la réforme de passer avec deux voix de majorité. Puis dans la pagaille des arguments contradictoires, tout argumentaire se fut perdu comme eau dans le sable. Passons sur ce déplorable épisode. A présent comment faire pour ré-affirmer notre analyse d’alors.  C’est-à-dire affirmer que cette réforme accentue la plongée de notre démocratie dans le néant autocratique, à rebours de ce qu’il faudrait faire. Les votes de mise en œuvre de la réforme n’ont-ils pas confirmé ce que nous disions pour démentir l’argument selon lequel seraient étendus les pouvoirs du parlement ? Comment faire pour que la gauche ne sombre pas à son tour dans la molle gesticulation résignée que le PS a donné à voir. Résignée. Quel néant ! N’est-ce pas Jean Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’assemblée qui avait lancé dans la foulée des députés Verts l’idée du boycott ? On sait quelle a été la fin calamiteuse de cet épisode. Sarkozy s’est donc promené. Les commentateurs ont dans un premier temps noté que le président n’avait rien annoncé. Je ne suis pas de cet avis. Pas du tout. Voyons plutôt la scène dans sa réalité institutionnelle. Le monsieur est venu pour la première fois, superbe et dominant, parler sans réplique devant tous les parlementaires du pays. Et que leur dit-il ? Que le modèle social républicain va passer à la trappe !. Moins d’Etat, moins de fonctionnaires, moins d’élus locaux et un bon coup de massue sur le cœur du cœur du modèle, la retraite, qui a donné lieu aux plus violentes empoignades de rue de la dernière décennie ! Il a ricané en quelque sorte : « vous avez le bonjour de novembre décembre 2005 ». Et un emprunt par dessus le marché pour payer la politique de l’Etat. Parce que l’impôt ce ne serait pas la solution. Et parce que la rigueur non plus. Quelle blague ! L’impôt paiera l’emprunt. Et la rigueur ce sera la norme tant qu ‘un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé. Et ainsi de suite. Il est fort Sarkozy pour le boniment ! Et ils sont nuls ses opposants en peau de lapin ! Lisez ces pitoyables. Cécile Duflot, secrétaire national des Verts : « sur le fond il y avait peu d’annonces précises et nouvelles (…) il ne suffit pas de proclamer le changement pour qu’il ait lieu ». On se pince ! Jean Marc Ayrault : « cela fait pschitt et pschitt. On attendait un discours plus fort et ambitieux, plus concret. Il n’était pas au rendez vous » Oh la ! La ! Par amitié pour les autres je ne cite plus rien. Mais Sarkozy peut se friser les moustaches. Avec de tels adversaires pas besoin de s’encombrer d’amis !"
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