Je vois qui propose et réalise l'union

Publié le par Le Gravier

Le Philosophe Michel Onfray apporte son soutien au Front de gauche

Dans une interview donnée à l'Humanité, Michel Onfray revient sur le sens de son soutien au Front de gauche.

Pourquoi soutenez-vous le Front de gauche ?¶

Michel Onfray. Je suis constant dans mon choix : je soutiens la gauche antilibérale qui est la plus unitaire possible. Certains estiment que j'ai changé d'avis, or j'ai toujours défendu celui qui, dans ce courant, œuvre dans ce sens. Cela fait longtemps que je demande qu'on se parle, qu'on s'entende. Il y a plein de personnes qui n'attentent que cette union. Et, avec le Front de gauche, elle existe. ¶

A la présidentielle de 2007, vous aviez voté pour Olivier Besancenot en justifiant que « la gauche doit être de gauche ». Pourquoi ne pas renouveler votre soutien aujourd'hui au NPA ? ¶

Michel Onfray. Je suis pragmatique. Je vois qui propose et réalise l'union. C'est honorable que Buffet, Mélenchon et Picquet l'ait fait. Besancenot la refuse clairement. De même que Lutte ouvrière. Il est clair que je ne donne pas ma voix à des candidats qui fractionnent et ne font pas d'efforts pour l'union. Des différences existent dans la gauche antilibérale, et tant mieux, mais on devrait tabler sur ce qui nous réunit. D'autant qu'il y a en face Nicolas Sarkozy qui risque de se maintenir lors du prochain mandat et que, comme seul recours aujourd'hui, il y a Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn. Si dans cette configuration la gauche antilibérale n'est pas capable de comprendre qu'elle tient dans ses mains une carte formidable pour dépasser le Parti socialiste, c'est désespérant. Il y a une vie après le mégaphone, ce n'est pas suffisant d'être dans la revendication, comme le fait le NPA. Ce qui m'intéresse, dans le PC, c'est sa capacité de gérer les villes, les villages. Il faut avoir une vraie alternative dans tous les domaines de la vie. ¶

Vous estimez que le Front de gauche est un pas vers une construction plus durable ?

Michel Onfray. J'aimerais bien que ce soit l'occasion de commencer à cristalliser quelque chose, de ramener les déçus et les perdus vers cette force qui gagnerait à être trans-partis. On peut garder son identité de parti (je pense au PC ou au PG), tout en ayant une stratégie d'alliance, et, éventuellement, un programme commun de la gauche antilibérale. Si dimanche prochain le Front de gauche passe devant le NPA ce sera une bonne leçon.¶

Entretien réalisé par Mina Kaci

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