Front de gauche : les soutiens de Debray, Chamoiseau, Charles-Roux,…

Publié le par Le Gravier

Le philosophe Régis Debray, qui s'est plusieurs fois montré au côté de Ségolène Royal ces derniers mois, a apporté son soutien à la tête de liste du Front de gauche en Ile-de-France, Patrick Le Hyaric (PCF), directeur de L'Humanité, pour les européennes du 7 juin.

"On m'a demandé, j'ai dit oui", "c'est un soutien de citoyen", a simplement répondu M. Debray, interrogé par l'AFP.


Mais c'est pas tout::

Après Didier Daeninckx, régis Debaray, deux autres écrivains, Patrick Chamoiseau et et Edmonde Charles-Roux ont annoncé lundi leur soutien à la liste du Front de gauche conduite en Ile-de-France par Patrick Le Hyaric. Ce comité de soutien réunit des personnalités diverses du monde du travail et de la création qui plébiscitent une démarche unitaire et rassembleuse.

Jacques Sapir, Patrick Chamoiseau, Ignacio Ramonet, Régis Debray, Didier Daeninckx, François Hadji-Lazaro, Ariane Ascaride, Bernard Cassen, Robert Guédiguian, Henri Pena-Ruiz… Point commun entre ces écrivains, philosophes, comédiens, artistes, journalistes, universitaires, cinéastes, économistes : tous se retrouvent sur la liste des soutiens du Front de gauche. En Île-de-France, celle-ci réunit 450 noms de personnalités syndicales, intellectuelles et élues de toute la gauche (PCF et PG, mais aussi MRC et PS). « C’est le fruit d’un travail militant, où chacun, candidat, militant ou non du PCF, du Parti de gauche ou de la Gauche unitaire, a fait jouer ses réseaux pour aboutir à cette diversité du monde du travail et de la création », explique Marie-Pierre Boursier, responsable du PCF, chargée par le Front de gauche de la mise sur pied du comité de soutien, présidé par Francis Wurtz [1]

Cette diversité de noms recoupe autant d’engagements originaux, souvent à base de parcours et d’horizons militants différents. Beaucoup d’entre eux ne sont en effet pas affiliés à un parti politique. Certains ont soutenu Ségolène Royal à la dernière présidentielle, d’autres se sont engagés aux côtés de l’un ou l’autre des candidats de la gauche antilibérale et écologique, quand d’autres encore n’ont tout simplement pas voulu cautionner la désunion de cette dernière.

L’existence d’une offre politique unitaire a changé la donne pour ces intellectuels. « Il faut qu’existe aujourd’hui un vrai front d’une vraie gauche. D’autant que, selon moi, le PS est clairement et définitivement au centre », déclarait ainsi le cinéaste Robert Guédiguian pour expliquer son soutien (lire notre édition du 6 mars). « Jusqu’ici intellectuel de gauche désespéré, j’ai trouvé de l’espoir avec le Front de gauche. Je souhaite que cette alliance soit pérenne », déclare de son côté le philosophe laïque Henri Pena-Ruiz (lire notre édition du 11 mai). « À gauche, la seule démarche à la fois unitaire et combative est celle du Front de gauche, si inachevé qu’il soit », lui fait écho Bernard Cassen, fondateur d’ATTAC, qui estime que « l’espace politique dégagé par le "non" de gauche » en 2005 est « toujours considérable » (lire l’Humanité Dimanche du 7 mai).

Dans le choix de ces intellectuels, souvent, la volonté d’encourager l’unité face aux comportements de désunion d’autres forces a pesé : « La décision du NPA de ne pas saisir, avec ces élections, l’opportunité historique de réaliser une véritable union pour lutter contre la droite m’a stupéfait. (…) Le Front de gauche assume ses responsabilités », estime l’écrivain Gérard Mordillat (lire l’Humanité Dimanche du 30 avril). « Après tant de spectacles de divisions à gauche, (…) le Front de gauche a fait le premier pas vers ce rassemblement nécessaire et, comme chacun sait, ce sont les premiers pas qui comptent », écrit de son côté l’écrivain Didier Daeninckx sur le site du Front de gauche (www.frontdegauche.eu).

Nouvel arrivant dans le comité de soutien, Régis Debray a confirmé, mercredi, au directeur de l’Humanité son soutien à la liste qu’il conduit. « On m’a demandé, j’ai dit oui, c’est un soutien de citoyen », a précisé à l’AFP le philosophe, auteur du Moment fraternité, et répondant que « la fraternité concerne tout le monde » à une question sur son hommage à l’emploi du mot par Ségolène Royal.

Sébastien Crépel

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