Le PS prépare-t-il un changement d'alliance ?

Publié le par Le Gravier

Vers un changement d’alliance ?

Laurent Joffrin, directeur de Libération, le 5 mai 2009, en un long éditorial renverse la table et bouscule les règles, révélant  le moyen qui, seul, peut permettre de se débarrasser de Sarkozy !

La formule miracle ? La constitution d’un « espace politique » allant de Mélenchon à de Villepin, incluant le Parti socialiste, les Verts et le MODEM, avec pour héros François Bayrou ! Voilà qui est résolument moderne. Et donc implique, à  gauche, d’écarter quelques archaïsmes : le Parti communiste, qui ne peut plus peser, et le NPA  qui ne le veut pas…

Laurent Joffrin a souvent joué le rôle d’éclaireur, par le passé. Ceux qui ont un peu de bouteille se souviennent de sa participation très active en 1983 à la célèbre émission  « Vive la crise ».

Emission de télé qui donnât le signal du virage politique du parti socialiste vers les thèses libérales.  Dans son article du 5 mai, Laurent Joffrin donne au parti socialiste un véritable ordre de mission! Un objectif : 2012. Un chemin : une coalition PS-MODEM, qui rende obsolète le clivage gauche/droite et rende possible  un second tour Sarkozy/Bayrou.

Analysant cet article, Christian Picquet ( Gauche Unitaire..ex NPA militant au Front de Gauche) écrit :

" on aurait aimé que Laurent Joffrin abatte plus brutalement ses cartes et affirme plus nettement tout ce dont sa proposition de grande coalition permet de se débarrasser.

Nous ne pensons pas trahir sa pensée si nous y voyons une opération  destinée à se débarrasser des élections européennes. Tout le monde voit que, loin de  correspondre au schéma proposé, elles réactivent le clivage gauche/droite, et au sein  de la gauche celui entre le oui et le non à l’ultralibéralisme européen. Bref,  elles autorisent le Front de gauche à jouer un rôle un peu plus porteur que celui concédé au dernier des Mohicans. Ce pourquoi, en écho à bien d’autres, Laurent Joffrin décide qu’elles ne sont en rien intéressantes et qu’il convient de les zapper. Pour se tourner dès maintenant vers la présidentielle de 2012."

Répondant aux questions du journal  le monde, Jean-Luc  Mélenchon, donne lui aussi son avis sur la question .

Voici un extrait de l’article :

 "Le quotidien Libération suggère la formation d’une « grande coalition » antisarkozyste  allant de votre Parti de gauche jusqu’aux amis de l’ancien premier ministre Dominique de Villepin. Que vous inspire cette idée ?

Jean-Luc Mélenchon : Je ne me vois pas du tout dans un attelage de cette nature. La violence de la crise commande une réorganisation générale de toutes les forces politiques. Mais la solution n’est pas d’enjamber le clivage gauche-droite. Au contraire. À la droite de réinventer autre chose que le libéralisme, à la gauche de réinventer autre chose que la social-démocratie. C’est la tâche que s’assigne le Front de gauche. Cette volonté de réorganiser la vie politique autour du centre est en fait le signal d’un échec. La social-démocratie est incapable de se constituer en opposition à Nicolas Sarkozy. C’est cet espace vide que tentent aujourd’hui d’occuper les centristes. Loin de se ressaisir ou de se tourner vers une alternative de gauche, les socialistes sont plus que jamais pris dans cette spirale de l’alliance avec le centre. De ces aventures-là, on connaît l’issue. Elles se soldent immanquablement par la  destruction de la gauche, comme en Italie."

Les circonstances font qu'à Perpignan le 21 juin, 15 jours après les Européennes, auront lieu, pour cause de chaussettes bourrées, de nouvelles élections municipales. Bien que centre du monde Perpignan est elle une ville hors du temps, de l'espace et de la crise ? Alors n'est-il pas logique d'imaginer que le 21 juin, 15 jours après la bataille du Front de Gauche aux Européennes, au premier tour des municipales, Perpignan montre un autre visage de la politique, par la constitution d'un Front de Gauche vigoureux, vaillant, et uni.
La gauche ne survivra à Perpignan, que si elle s'affirme, si elle  mène le combat.
Pour exister la gauche perpignanaise doit savoir dire non aux chaussettes puantes de la droites, mais aussi refuser de mettre les chaussettes usées  de la social démocratie à la française qui prépare ses alliances futures pour  mieux se débarrasser de ses anciens alliés. Evidemment le chemin est difficile, rien n'est joué, rien n'est gagné d'avance. Mais sous peine de disparition annoncée peut-on éviter de  prendre ce chemin.
Le front de gauche nous donne espoir. Faisons en notre outil de la reconquête de forces populaires dans les luttes comme dans les urnes.

Commenter cet article